À la suite d’une indépendance chèrement acquise, en 1962, le Burundi a été le théâtre d’affrontements violents : la guerre civile qui avait éclatée en 1993 a finalement trouvé une issue heureuse en 2000, par la signature des Accords d’Arusha pour la Paix et la réconciliation. Ces accords, tout en conservant la plus grande partie du cadre institutionnel de 1982, ont cependant attiré l’attention sur les gouvernements locaux. Seul changement concret : la capitale-province de Bujumbura a été divisée en deux et constituée en province rurale et province urbaine, portant le nombre total de provinces dans le pays à 17. Outre cet échelon provincial, 117 communes sont chargées de l’administration régionale de 2 638 « collines », ou zones. Les accords de paix de 2000 ont été suivis, en 2005, d’élections locales, présidentielles et parlementaires, dont les résultats sont valables pour cinq ans. Les élections de 2010 se sont déroulées normalement à tous les échelons, local, parlementaire et présidentiel. Les prochaines élections devraient avoir lieu en 2015.
Depuis 2000, le développement du Burundi repose sur une coopération étroite entre le Ministère de la décentralisation et du développement communal et la communauté internationale, en droite ligne des Accords d’Arusha pour la Paix et la réconciliation. L’échelon de gouvernance locale a été inscrit dans la constitution de 2005, adoptée à l’issue d’un processus d’élaboration qui s’est déroulé à la fin de la période de transition : ainsi, le Titre XI charge les villes et les collectivités locales d’une responsabilité administrative primaire. La législation secondaire qui en découle leur attribue des compétences spécifiques telles le règlement des litiges (dans le cadre des efforts de réconciliation déployés sur l’ensemble du territoire national). Par l’adoption de ces mesures législatives, le gouvernement entend faciliter le contexte juridique dans lequel les collectivités locales sont amenées à se développer.
Les projets de coopération entre collectivités et communautés locales et organisations internationales visent à renforcer la gouvernance locale à partir de l’échelle locale ; le programme de décentralisation du Burundi tente quant à lui d’intégrer aux échanges nationaux l’expérience, à petite échelle, des gouvernements locaux, et d’encourager ainsi le gouvernement central à soutenir plus avant le processus de décentralisation. Parallèlement, d’autres programmes se concentrent sur les pratiques de bonne gouvernance, l’aide humanitaire, la paix et la stabilité et le développement économique.
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