L’article 11 de la constitution tchadienne de 1996, intitulé « Collectivités territoriales décentralisées », posait la première pierre de la décentralisation dans ce pays. Il soulignait l’importance du rôle de l’échelon local en matière de protection et de valorisation de la culture, d’hygiène, d’éducation, etc. En 2003, le gouvernement central a lancé un processus visant à ressusciter l’ancienne structure préfectorale léguée par la France à l’époque coloniale dans 17 régions. Aujourd’hui, le pays compte 22 régions, dirigées chacune par un gouverneur nommé par le président. Chaque région est divisée en 61 départements, 200 sous-préfectures et 446 cantons, chacun de ces territoires étant dirigé par des fonctionnaires également nommés par le président. Les 446 cantons, tout comme les communautés rurales, devaient faire l’objet d’une réforme qui prévoyait notamment l’élection d’assemblées locales visant à accroître la participation citoyenne à l’échelle locale. Cette réforme toutefois n’a pas encore vu le jour. Les élections locales initialement prévues en 2005 ont été reportées plusieurs fois, pour la dernière fois du 10 décembre 2010 au 27 mars2011.
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En raison de l’absence d’élections locales et de la dotation des collectivités locales en compétences effectives, le processus de décentralisation au Tchad est pour le moins ardu. La période comprise entre 2004 et 2008 a monopolisé l’attention et les forces vives du gouvernement tchadien autour de l’urgence de la stabilité politique d’un état malmené par plusieurs soulèvements successifs et les affrontements à la frontière avec le Sud du Soudan. Le développement de la gouvernance locale s’est toutefois poursuivi à l’échelon communal : les chefs traditionnels, en collaboration avec un certain nombre d’organisations d’aide internationales, ont entrepris de bâtir de nouvelles structures sociales, politiques et économiques, en partant de la plus petite échelle. Les initiatives lancées se sont concentrées sur le logement social, le développement des capacités et l’aide humanitaire en matière notamment d’accès à l’eau, d’assainissement, d’hygiène et de santé.
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Ainsi, les localités tchadiennes se développent de leur propre chef. Les formes de gouvernement traditionnelles continuent de jouer un rôle crucial, tandis que le gouvernement central n’a que peu de moyens d’entraîner une évolution rapide de la position des autorités locales. La facilitation juridique et institutionnelle du gouvernement central reste néanmoins nécessaire pour garantir l’efficacité et la viabilité du processus de décentralisation.
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