L’adoption en 1991 d’une nouvelle constitution, à l’issue d’un référendum populaire, a signalé le départ d’un processus de démocratisation et d’ouverture du paysage politique du Burkina Faso. Bien que le texte initial ne fasse qu’une mention timide des questions de décentralisation, la nouvelle répartition institutionnelle n’en a pas moins posé les fondations des développements futurs : ainsi, treize régions, 45 provinces et 350 départements ont été constitués, dont dépendent des milliers de villages et quelques zones urbaines. Chaque échelon s’est vu attribuer des compétences spécifiques. Les premières élections municipales – visant des mandats de cinq ans –se sont déroulées en 1995, et ont été reproduites avec succès en 2000 et 2006 ; les prochaines élections devaient avoir lieu en 2011.
Depuis 1995, les gouvernements locaux se développent rapidement sous la tutelle du Ministère de l'administration territoriale et de la décentralisation. En 1998, un ensemble de Directives d’orientation de la décentralisation ont été adoptées pour soutenir l’élan décentralisateur, renforcé plus avant par les deux premières élections municipales, qui a vu la création de nouveaux départements. La municipalisation et l’institutionnalisation de l’échelon local se sont achevées au cours des premières années du vingt-et-unième siècle. En avril 2006, les communautés rurales nouvellement établies, qui représentent l’échelon politique le plus proche de la population, ont été élues pour la première fois.
Aujourd’hui, le Burkina Faso est engagé dans le troisième volet de son plan de décentralisation : prenant la suite d’un deuxième volet consacré aux questions clés de constitutionnalisation et de légalisation, ce troisième volet vise le transfert des compétences et la mise en œuvre opérationnelle des instances de gouvernance locale, de la manière prévue par les dispositions du Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation. Ce cadre stratégique est l’aboutissement d’une collaboration entre le gouvernement et plusieurs bailleurs de fonds actifs au Burkina Faso, à laquelle a également été associée l’Association des municipalités du Burkina Faso. Il s’inscrit dans un programme plus large institué en 2004 sous le nom de Code général pour les gouvernements locaux, programme prometteur s’il en fût pour l’avenir de la gouvernance locale, et que viennent conforter les élections de 2011.
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