Jusqu’en 1991, le Mali était un pays hautement centralisé, sans organes ni institutions aux échelles locale et régionale. L’agitation politique a incité le gouvernement à adopter une politique de décentralisation très large. La Mission de 1993 pour la décentralisation, créée au titre du décret 93-01, a depuis fait de grandes choses, mettant notamment en place une nouvelle division du territoire qui comprend 7 régions, divisées en 46 cercles (sortes de départements) et 682 districts ruraux (ou communes). Les demandes de la population dans le sens d’une participation plus large au processus politique, en 1991, ont été prises en compte par les dirigeants, qui ont peu à peu doté les collectivités locales de compétences étendues, tout particulièrement dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’eau. Le pays a organisé pour la première fois des élections locales en 1998, élections qui ont été l’aboutissement de six ans d’efforts consacrés à la mise en place de structures démocratiques de base et des installations et équipements nécessaires à leur fonctionnement. Les conseillers locaux sont élus pour une période de cinq ans. Les dernières élections locales ont été tenues en 2009, avec un nombre d’électeurs de sexe féminin très élevé, conséquence de la mise en œuvre combinée d’une démarche politique structurée en matière de décentralisation et de programmes de promotion de l’égalité des chances.
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La coopération entre le gouvernement malien, les collectivités locales et les bailleurs étrangers présents au Mali a été un élément clé du succès du processus de décentralisation lancé au Mali : en effet, depuis le tout début de cette entreprise, en 1992, les bailleurs et les agences d’aide internationales ont appuyé la mise en œuvre de nombreux projets. Les gouvernements locaux sont aujourd’hui encore fortement encouragés à présenter des demandes de financement au Fonds d’investissement communal. L’assistance technique dont ont profité les collectivités a donné lieu à une situation dans laquelle le gouvernement central doit aujourd’hui s’adapter à une structure décentralisée au sein de laquelle les membres de la société civile prennent l’initiative. Certains textes tels que la loi de 2001 sur la charte pastorale encouragent cet état de choses : ainsi, ce texte prévoit que les communautés locales doivent avoir leur mot à dire dans toutes les décisions qui les concernent au premier chef, soit les décisions visant leurs moyens de subsistance, l’agriculture et la répartition des sols et des droits fonciers. Enfin, l’Association des municipalités du Mali s’est extrêmement développée depuis sa création, en 2000.
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Outre cette évolution, plusieurs organisations d’aide au développement consacrent leurs efforts à former les communautés à leurs nouvelles attributions et compétences, à développer les capacités opérationnelles et managériales des fonctionnaires locaux et à contribuer à la construction d’équipements et d’infrastructures. Les élections nationales et locales sont par ailleurs étroitement contrôlées, de sorte à garantir le maintien et le renforcement des normes émergentes de la démocratisation et d’assurer à terme le développement de la transparence et de la responsabilité. Les résultats les plus impressionnants dernièrement ont été observés dans les domaines de l’assainissement et de l’hygiène et dans la fourniture des services sociaux de proximité.
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