Le système de gouvernance locale de la Mauritanie s’inspire du système mis en place à l’époque de la colonisation française, même si la structure en préfectures, départements et arrondissements a fait l’objet de plusieurs modifications au cours des années. Ainsi, les anciennes préfectures ont été remplacées par des provinces, dites « wilayas », qui sont au nombre de 13, et comprennent Nouakchott, la capitale. Les wilayas sont divisées en 49 départements et 219 conseils municipaux. Depuis 1986, les élections locales ont été tenues régulièrement, dans les premières années uniquement dans les 13 zones urbaines les plus grandes, et peu à peu dans l’ensemble des municipalités. Tandis que les conseils municipaux sont élus localement, les gouverneurs et préfets des wilayas sont nommés et dépendent du Ministère de l’Intérieur. Les premières élections locales se sont tenues en 2006 : valables pour une période de cinq ans, elles doivent avoir lieu de nouveau en 2011.
Â
À la suite de ces élections démocratiques, plusieurs réformes visant à renforcer la décentralisation ont été lancées en 2007, en matière de déconcentration budgétaire et de transfert de compétences notamment. Aujourd’hui, les collectivités locales ont le pouvoir de lever l’impôt et d’approuver les budgets. Toutefois, ces réformes n’ont en pratique qu’un effet limité : c’est au gouvernement central, à Nouakchott, qu’appartient aujourd’hui encore la grande majorité des décisions. Ainsi, les budgets locaux continuent d’être élaborés et arrêtés à l’échelon central, les autorités locales n’ayant pas d’autre fonction que de les approuver ou de les désapprouver.
Â
Bien que les dispositions de gouvernance locale en Mauritanie remontent à plus de vingt ans, leur mise en œuvre dans la pratique est très en retard. Les vifs affrontements politiques de 2008 n’ont malheureusement pas vu les avancées démocratiques attendues. Avant 2008, les organisations de développement se concentraient essentiellement sur l’aide humanitaire, et se penchaient accessoirement sur les capacités locales. L’ensemble des aides internationales ont été suspendues en 2008 ; en 2010 toutefois, la communauté internationale s’est de nouveau engagée à apporter son aide à la Mauritanie, et ce tout particulièrement, outre une aide humanitaire, en matière de démocratisation, de décentralisation et bonne gouvernance. À terme, la Mauritanie disposera des outils nécessaires à l’élargissement, durable, des compétences et attributions de son échelon local.
Â
|