Comme nombre d’anciennes colonies françaises, le Niger fonctionne aujourd’hui encore selon un modèle très semblable à celui de la France, avec des préfets mis en place à la tête de départements et d’arrondissements. Depuis son indépendance, en 1960, le pays a toutefois opéré un certain nombre de modifications : ainsi, il compte aujourd’hui huit régions, dont la capitale, Niamey, divisées en 36 départements et 266 communes, rurales et urbaines. Chaque région est dirigée par un gouverneur et chaque département par un préfet, nommés par le gouvernement central, et qui ont qualité de représentants de l’État déconcentré. À l’échelon local, les conseils, élus pour cinq ans, sont représentés dans les instances supérieures de gouvernement. Les dernières élections municipales ont été tenues en janvier 2011, sous étroite surveillance de la communauté internationale. Les prochaines élections devraient avoir lieu en 2016.
Â
La politique de décentralisation du Niger a pris son envol en 2000, année de l’adoption d’un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) destiné à améliorer les conditions de vie des Nigérois et à renforcer la bonne gouvernance et la décentralisation. Dans ce cadre, a notamment été voté un texte de loi visant à encourager une plus grande participation des femmes à la politique du pays par la mise en place d’un système de quotas. En dépit d’une nouvelle structure décentralisée clairement articulée en municipalités, départements et régions, seules les municipalités sont en mesure, dans la pratique, de s’acquitter de leurs fonctions d’autorités locales : en effet, les deux autres échelons de gouvernement rencontrent des difficultés juridiques et pratiques. Un certain nombre de programmes de réforme judiciaire et de projets d’amélioration de la gestion budgétaire à l’échelle locale ont été mis en place visant d’une part à renforcer les capabilités municipales et d’autre part à développer les autres échelons décentralisés.
Â
Depuis 2000, deux coups d’état ont ébranlé le Niger, qui a retrouvé une certaine stabilité politique grâce à l’intervention de l’armée et à la proclamation de la 7e République. Une toute nouvelle constitution, élaborée par une commission d’experts, comporte de nombreuses dispositions de relance du processus de décentralisation, soulignant la nécessité d’une plus grande démocratisation, par l’intermédiaire notamment d’un renforcement de l’échelon local et la remise à plat de relations anciennes avec nombre d’organisations d’aide internationales.
Â
|