Le retour de la République centrafricaine à un régime politique civil, en 1986, soutenu par l’adoption d’une nouvelle constitution, a été très rapidement suivi – en 1988 – de la tenue d’élections qui ont joué un rôle important dans la création des 176 conseils municipaux. Toutefois, aucune élection municipale n’a été organisée, ayant pour conséquence de faire de l’échelon local un acteur d’influence modeste, voire négligeable, dans le paysage politique centrafricain. Le pays est divisé en 14 préfectures, 2 préfectures économiques, et la commune de Bangui, la capitale. Les maires, les membres du conseil municipal, les sous-préfets et les préfets sont tous nommés par le président de la République.
La répartition institutionnelle et les compétences et missions des fonctionnaires locaux sont inscrites dans la constitution. Les dispositions prévues initialement visant à promouvoir la gouvernance locale, n’ont pas été mises en œuvre, essentiellement en raison de l’instabilité politique endémique dont souffre le pays : la période comprise entre 1999 et 2008 a été marquée par des soulèvements, des élections prétendument truquées et des violences sporadiques dans l’ensemble du territoire. L’année 2005 a vu la mise en place de la Commission des Nations Unies pour la construction de la Paix, qui avait pour mandat de faciliter et soutenir les initiatives de paix, de sécurité, et la création d’un système de gouvernance viable. Les efforts de médiation internationaux engagés ont permis de rapprocher les parties belligérantes et d’élaborer, puis d’adopter, l’Accord de Paix Global de 2008.
Aussi, avant que l’échelon local ne puisse jouer un rôle, quel qu’il soit, en République centrafricaine, la situation politique nationale doit se stabiliser. La question de la gouvernance locale n’est toutefois pas oubliée dans un processus de construction de la paix qui prévoit la réintégration d’anciens soldats et accorde un rôle clé à l’aide humanitaire. La période pré-électorale de 2010 a vu la mise en place de plusieurs comités interministériels, dont un chargé spécifiquement des questions de décentralisation et de régionalisation. Ces comités, composés à la fois de délégations nationales et internationales et d’organisations humanitaires et d’aide au développement, étaient chargés d’élaborer un ensemble exhaustif de recommandations et de directives pour une République centrafricaine plus démocratique, qui ont eu pour effet notamment la création du Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Les élections initialement prévues en 2010, après avoir été reportées plusieurs fois, ont été finalement tenues en mars 2011.
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